Focus : Loft Switchblade 2012

 

Après deux mois de bricolage intensif pour préparer l’ouverture du magasin de La Torche, j’ai enfin pu rechausser les straps dimanche dernier pour une bonne session de slalom. Les prévisions annoncent 25/30 nœuds, une bonne occasion d’essayer la LOFT Switchblade en 6,3. Une fois arrivé sur le spot du Steir, je suis pris d’un doute : c’est plus light que prévu !
Les quelques riders sur place sont en 7m et plus et le vent légèrement offshore est très irrégulier au bord. Tant pis, on va voir si les voiles de Monty Spindler ont une plage d’utilisation aussi large qu’il le prétend.
Je change les cambers d’origine pour les modèles RDM (livrés avec la voile) adaptés à mon mât et commence à gréer.

Le rond de guindant modéré permet de glisser le mât au dessus des cambers sans difficulté malgré un fourreau relativement étroit (c’est une freerace). Une fois étarquée légèrement en bas et au wishbone, les trois cambers se clipsent très facilement sur le mât sans forcer ni sauter. Les indications de rallonge et de wish sont bonnes et la voile prend immédiatement un profil bien prononcé en bas avec un vrillage important en tête bien que la courbure de mon vieux mât (plutôt hard top) ne soit théoriquement pas idéale. Visiblement, la voile a très bon caractère et sera facile à gréer sur de nombreux mâts standards ou RDM.
Par contre, le fourreau n’est pas bien tendu et il va falloir ajuster la pression à l’aides des entretoises fournies. Pour mon mât, ce sera un spacer en haut, deux au milieu et aucun en bas.

Une fois réglée, la voile a vraiment une belle allure en statique. On retrouve une attaque assez fine, un profil profond et très bloqué au niveau du wish et une chute qui vrille fort en tête. Elle respire la puissance et seul le fourreau de largeur raisonnable la différencie des modèles pur course.

Je pars sur l’eau en slalom 110 litres en me demandant tout de même si je n’ai pas toilé un peu court. La première rafale offshore lève immédiatement mes doutes : Ca pousse très tôt et très fort !
L’impression ressentie sur le proto testé à tarifa cet été, puis lors des tests Planchemag se confirme: la Switchblade a déciment beaucoup changé !
La voile fine à la puissance modérée qui arrivait tout en douceur de l’année dernière s’est muée en véritable dragster capable de faire décoller en quelques mètres les riders les plus passifs. Je suis content d’avoir pris le temps d’installer le système de palan d’écoute livré avec chaque voile loft. Il me permet d’aplatir et de calmer la bête sans revenir au bord. Reste à voir si la tenue dans le vent fort est à la hauteur, je pars au large chercher de l’air.
Après quelques bords à fond, la Switchblade révèle tout son caractère. Contrairement aux versions précédentes qui semblaient amortir les rafales, le modèle 2012 transmet avec précision les variations de vent. La sensation est ultra directe et chaque risée se traduit par une vive augmentation de la traction sans que la puissance ne recule pour autant. On ne ressent aucun déséquilibre ni main arrière, ça tire juste plus fort dans le harnais le temps d’accélérer ! Une fois la bordure ramenée sur le pont la vitesse est vraiment impressionnante et à moins d’être un peu fondu ou coureur pro (voire les deux !), vous aurez levé le pied bien avant que la voile ne commence à saturer.
Enfin la plage de réglage semble très large, sans même toucher au pied de mât, on peut passer d’un ballon ultra puissant et stable au largue à une voile fine tout en glisse.

Conclusion

La Switchblade prouve une nouvelle fois qu’il n’est pas besoin d’investir dans du matériel de world cup pour obtenir des performances exceptionnelles. Elle offre une vitesse et des accélérations de pointe tout en étant plus légère, plus simple à gréer et beaucoup moins fatigante qu’une voile de course qui ne commencera à fonctionner vraiment qu’en mode surtoilé. L’équipement est à la hauteur des modèles haut de gamme, on retrouve de bonnes lattes tubulaires, une sangle de bordure, des butées de cambers en acier inox qui rendent le passage au jibe net précis et même une fermeture de fenêtre de wish en néoprène zippée.

La dernière née du loft de Tarifa nous a vraiment impressionné par sa puissance franche et directe, et sa stabilité, mais aussi par sa facilité.
A 599 euros (en 6,3) il n’y a pas à hésiter si vous voulez taper un score GPS ou aborder le défi wind serein !

Photos : Marco Strullu (action) & Eric (statique)

 


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